Hale halele · Récit

Mwali-Mdjini, la cité abandonnée

Sur les hauteurs de Djoiezi dorment les ruines de la plus ancienne ville de Mohéli. Ses habitants l'ont quittée ; certains ont traversé la mer jusqu'à la Grande Comore.

Voir la photo en grand : Les îlots de Nioumachoua, joyaux du parc national de Mohéli

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Au-dessus de Djoiezi, quand on grimpe à travers les champs, on finit par tomber sur des pierres qui ne sont pas là par hasard : des pans de remparts, des fondations de maisons, des tombes. C'est Mwali-Mdjini, « la ville de Mwali », la plus ancienne cité de l'île.

Les anciens racontent qu'autrefois, des familles venues de la mer, que l'on dit arabes et chiraziennes, y vivaient dans des maisons de pierre. Elles commerçaient avec les navires de passage : on trouve encore dans la terre des tessons de poteries anciennes et des morceaux de porcelaine de Chine.

Puis, un jour, la ville se vida. Pourquoi ? Les récits ne s'accordent pas : guerres, maladies, querelles entre familles, attaques venues de la mer… Ce que l'on sait, disent les anciens, c'est qu'une partie des habitants prit la mer vers l'est. Ils abordèrent en Grande Comore, dans la région du Washili, et s'installèrent au village d'Itsinkudi. Leurs descendants formèrent une lignée qui porte encore le souvenir de son île d'origine : l'Inya Matswa Mwali.

À Itsinkudi, d'ailleurs, il existe des tombes semblables à celles de Mwali-Mdjini, comme si les voyageurs avaient emporté avec eux la manière de bâtir de leur ville perdue.

Ce que l'on en sait

Mwali-Mdjini (ou Mwalimdjini) est un site archéologique situé sur les hauteurs de Djoiezi. On y voit des remparts, des habitations en pierre et des sépultures ; des tessons de poterie de la période swahilie ancienne et de la porcelaine chinoise y ont été trouvés. Certains font remonter ses plus anciennes traces au IXe siècle, une datation qui reste à confirmer par des fouilles.

Le récit de la migration vers Itsinkudi et de la lignée Inya Matswa Mwali est rapporté notamment par le sociologue mohélien Salim Djabir. Le site, abandonné, se dégrade : les habitants y ont longtemps prélevé des pierres pour construire. Lire : Premiers peuplements.

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