Ndzuwani · Union des Comores

Vie publique & institutions : Anjouan

Île la plus densément peuplée de l'archipel, Anjouan a son gouverneur à Mutsamudu, ses confréries anciennes, ses fêtes agraires et ses clubs de football passionnés.

Voir la photo en grand : Le port de Mutsamudu, porte d'entrée maritime d'Anjouan

Anjouan a une histoire politique mouvementée : sultanat puissant, révolte de 1940, crise séparatiste de 1997 à 2008. Aujourd'hui île de l'Union, elle garde de fortes identités locales, entre médinas lettrées et villages des hauts. Lire : Les Comores depuis 1975.

À Anjouan

Pouvoirs publics

Institution officielle

Le gouvernorat de Ndzuwani

Mutsamudu

L'île la plus densément peuplée de l'archipel est dirigée par un gouverneur élu, installé à Mutsamudu. Elle compte 20 communes, dotées de conseils municipaux élus depuis 2015.

Autorités religieuses

Autorité coutumière ou religieuse

Rifa'iyya et Qadiriyya

Mutsamudu, Domoni

Deux confréries ont des racines anjouanaises : la Rifa'iyya, introduite au XIXe siècle par Salim ibn Ahmed al-Himidi, de Mutsamudu, et la Qadiriyya, portée notamment par Muhammad ibn Ahmed, originaire de Domoni. Leurs cérémonies rassemblent toujours de nombreux fidèles.

Coutume & notabilité

Autorité coutumière ou religieuse

Notables et grandes familles

Médinas et villages

Le grand mariage existe aussi à Anjouan, mais il y structure moins rigidement la société qu'en Grande Comore. Dans les médinas de Mutsamudu et de Domoni, de vieilles familles lettrées et marchandes ont longtemps formé l'élite urbaine ; dans les villages, les anciens gardent un rôle d'arbitres respecté.

Autorité coutumière ou religieuse

Les gardiens des fêtes agraires

Ouani, Nyumakele

Nkoma à Ouani, trimba dans le Nyumakele : ces fêtes héritées d'avant l'islam sont organisées par les familles fondatrices et les anciens, qui en gardent les règles et les secrets. Lire : Le pacte de Basra et Le Trimba.

Sport

Association

Les clubs d'Anjouan

Domoni, Sima…

Chirazienne de Domoni (fondée en 1950), Komorozine de Domoni, Steal Nouvel de Sima : Domoni et Sima sont des places fortes du football anjouanais.

Autorité coutumière ou religieuse

Le mrengué

Villages, surtout pendant le ramadan

Boxe traditionnelle pratiquée au son des tambours, le mrengué anime les soirées, surtout pendant le ramadan. Plusieurs préfectures l'ont interdit pour éviter les débordements.

À l'échelle de l'Union des Comores

Ces institutions ont leur siège en Grande Comore mais concernent aussi Anjouan et Mohéli.

Pouvoirs publics

Institution officielle

Le président de l'Union

Palais de Beit-Salam, Moroni

Élu au suffrage universel pour cinq ans, il est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. La révision constitutionnelle approuvée par référendum le 30 juillet 2018 (92,7 % de « oui ») a supprimé les trois vice-présidences, une par île, et aménagé la présidence tournante instaurée en 2001 : le président peut désormais exercer deux mandats consécutifs.

Institution officielle

L'Assemblée de l'Union

Moroni

Le Parlement des Comores compte une seule chambre. Ses députés sont élus dans des circonscriptions des trois îles ; la Constitution de 2018 prévoit aussi une représentation des Comoriens établis à l'étranger. Elle vote les lois et le budget de l'Union.

Institution officielle

La Banque centrale des Comores

Moroni

Elle émet le franc comorien, dont la parité avec l'euro est fixe (1 € = 491,96775 KMF) grâce à un accord de coopération monétaire avec la France. Une stabilité appréciable pour les voyageurs comme pour les familles qui reçoivent de l'argent de la diaspora.

Justice

Institution officielle

La Cour suprême

Moroni

Plus haute juridiction de l'Union. Depuis 2018, une section constitutionnelle et électorale y a repris les attributions de l'ancienne Cour constitutionnelle : elle proclame les résultats des élections et juge de la conformité des lois à la Constitution.

Autorités religieuses

Institution officielle

Le Grand Mufti et le Conseil des oulémas

Moroni

L'islam sunnite, de rite chaféite, est la religion de l'État. Nommé par le président, le Grand Mufti est la plus haute autorité religieuse : il conseille le gouvernement sur la pratique de l'islam. Avec le Conseil des oulémas, il publie notamment chaque année les consignes du mois de ramadan.

Savoir, culture & médias

Institution officielle

L'Université des Comores

Mvouni, près de Moroni

Créée en 2003, elle a son siège à Mvouni et des centres universitaires à Patsy, à Anjouan (ouvert en 2009), et à Mohéli (Fomboni et Wanani). Beaucoup d'étudiants comoriens poursuivent aussi leurs études à l'étranger.

Le Musée national des Comores (CNDRS), à Moroni

Institution officielle

Le CNDRS

Moroni

Le Centre national de documentation et de recherche scientifique, créé en 1979, réunit le Musée national, les Archives et la Bibliothèque nationales, l'observatoire volcanologique du Karthala et des laboratoires de recherche (traditions orales, archéologie, civilisation arabo-musulmane). C'est la mémoire savante du pays.

Institution officielle

Al-Watwan et l'ORTC

Moroni

Fondé en 1985, Al-Watwan est le journal de l'État ; l'Office de radio et télévision des Comores (ORTC) diffuse en comorien, en français et en arabe. Journaux, radios privées et médias en ligne, souvent animés depuis la diaspora, complètent le paysage.

Sport

La tribune ouest du stade omnisports de Malouzini

Institution officielle

La Fédération de football et les Cœlacanthes

Stade omnisports de Malouzini, près d'Iconi

L'équipe nationale, surnommée les Cœlacanthes, a créé l'exploit à la CAN 2021 au Cameroun : victoire 3-2 contre le Ghana et qualification pour les huitièmes de finale, perdus 2-1 face au pays hôte avec un joueur de champ dans les buts. Elle s'est ensuite qualifiée invaincue pour la CAN 2025 au Maroc. Chaque île a son championnat ; les meilleurs clubs se retrouvent en phase finale nationale. Les matchs internationaux se jouent au stade de Malouzini (environ 10 700 places), ouvert en 2019.

Associations & société civile

Association

Associations villageoises et diaspora

Dans chaque village, et en France

Chaque village ou presque a son association, aux Comores et en France, où vivent de nombreux Comoriens, notamment à Marseille et en région parisienne. Elles financent écoles, mosquées, adductions d'eau, routes et dispensaires, et pèsent dans les décisions du village. Les associations sportives et culturelles de village animent aussi tournois et fêtes.

Dans tout l'archipel

Autorités religieuses

Autorité coutumière ou religieuse

Les confréries soufies

Zawiyas des villes et des villages

Implantées surtout aux XIXe et XXe siècles — Shadhiliyya, la plus répandue, marquée par la figure de Cheikh Saïd Mohamed al-Maarouf, Qadiriyya, Rifa'iyya, puis d'autres —, les confréries rythment la vie religieuse : dhikr, maoulida, réunions dans les zawiyas, souvent bâties autour du tombeau d'un maître. Leurs cheikhs sont écoutés bien au-delà du cercle des adeptes.

Autorité coutumière ou religieuse

Fundi, imams et écoles coraniques

Dans chaque village

Le fundi enseigne le Coran aux enfants dès le plus jeune âge, avant ou à côté de l'école publique. Imams et lettrés, consultés pour les mariages, les successions et les différends, sont des figures très respectées des quatre îles.

Pour aller plus loin

Toute la bibliographie

KomoriLes îles de la Lune
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