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Les Portugais à l'horizon
Au début du XVIe siècle, les navires portugais qui contournent l'Afrique pour gagner l'Inde atteignent l'archipel. Ils le signalent sur leurs cartes, mais ne s'y installent pas : les îles n'ont ni or ni épices, et le Portugal concentre ses forces sur la côte du Mozambique et sur l'Inde.
Johanna, l'escale des Indes
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, Anjouan, que les Anglais appellent Johanna, devient l'une des escales favorites des navires de la Compagnie anglaise des Indes orientales. On y fait provision d'eau douce, de bétail, de fruits et de riz. De 1601 à 1834, plusieurs centaines de navires de la Compagnie y font halte.
Les sultans d'Anjouan entretiennent ces relations, qui leur apportent marchandises, armes et parfois des alliés contre leurs rivaux.
Le temps des pirates
À la fin du XVIIe siècle, des pirates venus de l'Atlantique empruntent la « Pirate Round » : Madagascar, puis la mer Rouge et la côte de l'Inde. Les Comores leur servent d'escale.
En février 1695, le célèbre Henry Every passe à Anjouan et y laisse une lettre destinée aux capitaines anglais, dans laquelle il assure n'avoir jamais attaqué de navire anglais ou hollandais. Quelques semaines plus tard, des navires de la Compagnie tentent en vain de le capturer près de l'île. Selon l'historien Jean Martin, l'archipel devient au début du XVIIIe siècle un repaire pour les flibustiers chassés des Caraïbes.
Ce que l'on échange
Les insulaires vendent des vivres, du bétail, des noix de coco et de l'eau ; ils reçoivent des tissus, du fer, des armes, de la monnaie. Le commerce avec l'Arabie, l'Inde et la côte africaine se poursuit en parallèle, porté par les boutres.
Ce commerce comprend aussi des captifs : l'archipel sert de relais dans la traite entre l'Afrique, Madagascar et le Moyen-Orient. Lire : Traite, esclavage et razzias.
Des témoignages à interpréter
Les journaux de bord et récits de voyageurs sont précieux : ils donnent des dates, des noms de sultans, des prix, des descriptions de villes. Mais ils sont écrits par des hommes qui restent quelques jours sur la côte, souvent sans parler la langue, et qui voient les îles comme un magasin de vivres. Pour comprendre ce que ces rencontres signifiaient pour les Comoriens, il faut les confronter aux chroniques et aux traditions de l'archipel.
Principales références
- Regard extérieur Jean Martin, Comores : quatre îles entre pirates et planteurs (2 tomes), 1983 – 1984. L'Harmattan.
- Regard extérieur Malyn Newitt, The Comoro Islands: Struggle against Dependency in the Indian Ocean, 1984. Westview Press.
- Regard extérieur Iain Walker, Islands in a Cosmopolitan Sea: A History of the Comoros, 2019. Hurst (Londres) ; Oxford University Press (New York).
- Regard extérieur Alfred Gevrey, Essai sur les Comores, 1870. Pondichéry, A. Saligny.
