Hale halele · Légende de lieu

Le lac Dzialandzé, l'eau des esprits

Dans la brume des hauteurs d'Anjouan dort un lac de cratère où l'on ne se baigne pas. Les esprits, mauvais pour les uns, gardiens pour les autres, y veillent.

Voir la photo en grand : Roussette de Livingstone, l'un des mammifères les plus rares de l'océan Indien

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Au cœur de Ndzuwani, là où la forêt grimpe vers le mont Ntringui, il faut marcher longtemps pour atteindre le lac Dzialandzé. Le chemin est raide, l'air devient frais, et souvent la brume descend sur l'eau sombre, si bien qu'on entend le lac avant de le voir.

Les anciens disent que ce n'est pas une eau ordinaire. Des esprits y vivent. Pour les uns, ce sont des djinns mauvais, qui guettent les imprudents ; pour les autres, ce sont des gardiens, qui protègent la source de vie de toute l'île, les rivières qui descendent vers les villages et les cultures.

Alors, quand on arrive au bord du lac, on parle bas. On salue les maîtres du lieu, comme on salue en entrant dans une maison. Et surtout, on ne s'y baigne pas : ce serait troubler ceux qui habitent les profondeurs. Au crépuscule, quand les grandes roussettes quittent les arbres et passent au-dessus de l'eau, les enfants disent que ce sont les esprits qui sortent faire leur ronde.

Ce que l'on en sait

Le Dzialandzé est un lac de cratère situé vers 910 m d'altitude, sur le flanc du mont Ntringui, point culminant d'Anjouan. Il est considéré comme un lieu sacré : la baignade y est fortement déconseillée, et les traditions y placent des esprits, malfaisants ou protecteurs selon les versions.

Comme le Dziani à Mayotte ou le lac Salé en Grande Comore, il montre combien les lacs de cratère, rares et mystérieux, sont associés au monde invisible. La forêt qui l'entoure abrite la roussette de Livingstone, chauve-souris géante qui ne vit qu'à Anjouan et à Mohéli. Lire : Le lac Dzialandzé et le mont Ntingui.

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