Ngazidja · Union des Comores

Vie publique & institutions : Grande Comore

Capitale de l'Union, Moroni concentre les grandes institutions. Mais dans chaque cité, le pouvoir se partage aussi sur la place publique, entre notables du grand mariage, classes d'âge et religieux.

Voir la photo en grand : Fête de l'indépendance à Moroni

La Grande Comore abrite la présidence, l'Assemblée, la Cour suprême et la plupart des administrations de l'Union. Pourtant, pour comprendre qui décide vraiment dans une cité, il faut regarder aussi le bangwe, la place publique où siègent les notables. Lire aussi : Coutumes et rites.

À Grande Comore

Pouvoirs publics

Institution officielle

Le gouvernorat de Ngazidja

Moroni

Chaque île de l'Union est dirigée par un gouverneur élu, chargé des affaires propres à l'île en lien avec le gouvernement de l'Union. Les conseils des îles ont été supprimés par la révision constitutionnelle de 2018.

Institution officielle

Les 28 communes et la mairie de Moroni

Moroni et chefs-lieux de commune

Prévues depuis l'indépendance, les communes n'ont élu leurs premiers conseils municipaux que le 22 février 2015. La Grande Comore en compte 28 ; les maires ont été élus par les conseillers, avec le concours des chefs de quartier et de village.

Coutume & notabilité

Parure de bijoux en or offerte lors d'un grand mariage comorien

Autorité coutumière ou religieuse

Le bangwe et les wandruwadzima

Place publique de chaque cité

Chaque cité a sa place publique, le bangwe, lieu du pouvoir coutumier. Les décisions y reviennent aux wandruwadzima, les « hommes accomplis » qui ont célébré le grand mariage (anda) : ils forment le conseil des notables, choisissent les imams et arbitrent la vie de la cité. Leur autorité n'est inscrite dans aucune loi, mais elle reste très respectée.

Autorité coutumière ou religieuse

Les classes d'âge (hirimu)

Dans chaque cité

Les hommes sont rangés par générations : plusieurs classes d'âge chez les jeunes (wanamdji), puis chez les hommes accomplis. Elles organisent les travaux collectifs, les fêtes et l'entretien de la cité, et chacune tient à son rang.

Sport

Le stade de Moroni

Association

Les clubs de Ngazidja

Toute l'île

Coin Nord de Mitsamiouli (fondé en 1960, club le plus titré du pays avec sept championnats), Volcan Club de Moroni, Élan Club de Mitsoudjé, Ngaya Club de Mdé ou Djabal Club d'Iconi : chaque ville soutient son équipe avec ferveur.

À l'échelle de l'Union des Comores

Ces institutions ont leur siège en Grande Comore mais concernent aussi Anjouan et Mohéli.

Pouvoirs publics

Institution officielle

Le président de l'Union

Palais de Beit-Salam, Moroni

Élu au suffrage universel pour cinq ans, il est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. La révision constitutionnelle approuvée par référendum le 30 juillet 2018 (92,7 % de « oui ») a supprimé les trois vice-présidences, une par île, et aménagé la présidence tournante instaurée en 2001 : le président peut désormais exercer deux mandats consécutifs.

Institution officielle

L'Assemblée de l'Union

Moroni

Le Parlement des Comores compte une seule chambre. Ses députés sont élus dans des circonscriptions des trois îles ; la Constitution de 2018 prévoit aussi une représentation des Comoriens établis à l'étranger. Elle vote les lois et le budget de l'Union.

Institution officielle

La Banque centrale des Comores

Moroni

Elle émet le franc comorien, dont la parité avec l'euro est fixe (1 € = 491,96775 KMF) grâce à un accord de coopération monétaire avec la France. Une stabilité appréciable pour les voyageurs comme pour les familles qui reçoivent de l'argent de la diaspora.

Justice

Institution officielle

La Cour suprême

Moroni

Plus haute juridiction de l'Union. Depuis 2018, une section constitutionnelle et électorale y a repris les attributions de l'ancienne Cour constitutionnelle : elle proclame les résultats des élections et juge de la conformité des lois à la Constitution.

Autorités religieuses

Institution officielle

Le Grand Mufti et le Conseil des oulémas

Moroni

L'islam sunnite, de rite chaféite, est la religion de l'État. Nommé par le président, le Grand Mufti est la plus haute autorité religieuse : il conseille le gouvernement sur la pratique de l'islam. Avec le Conseil des oulémas, il publie notamment chaque année les consignes du mois de ramadan.

Savoir, culture & médias

Institution officielle

L'Université des Comores

Mvouni, près de Moroni

Créée en 2003, elle a son siège à Mvouni et des centres universitaires à Patsy, à Anjouan (ouvert en 2009), et à Mohéli (Fomboni et Wanani). Beaucoup d'étudiants comoriens poursuivent aussi leurs études à l'étranger.

Le Musée national des Comores (CNDRS), à Moroni

Institution officielle

Le CNDRS

Moroni

Le Centre national de documentation et de recherche scientifique, créé en 1979, réunit le Musée national, les Archives et la Bibliothèque nationales, l'observatoire volcanologique du Karthala et des laboratoires de recherche (traditions orales, archéologie, civilisation arabo-musulmane). C'est la mémoire savante du pays.

Institution officielle

Al-Watwan et l'ORTC

Moroni

Fondé en 1985, Al-Watwan est le journal de l'État ; l'Office de radio et télévision des Comores (ORTC) diffuse en comorien, en français et en arabe. Journaux, radios privées et médias en ligne, souvent animés depuis la diaspora, complètent le paysage.

Sport

La tribune ouest du stade omnisports de Malouzini

Institution officielle

La Fédération de football et les Cœlacanthes

Stade omnisports de Malouzini, près d'Iconi

L'équipe nationale, surnommée les Cœlacanthes, a créé l'exploit à la CAN 2021 au Cameroun : victoire 3-2 contre le Ghana et qualification pour les huitièmes de finale, perdus 2-1 face au pays hôte avec un joueur de champ dans les buts. Elle s'est ensuite qualifiée invaincue pour la CAN 2025 au Maroc. Chaque île a son championnat ; les meilleurs clubs se retrouvent en phase finale nationale. Les matchs internationaux se jouent au stade de Malouzini (environ 10 700 places), ouvert en 2019.

Associations & société civile

Association

Associations villageoises et diaspora

Dans chaque village, et en France

Chaque village ou presque a son association, aux Comores et en France, où vivent de nombreux Comoriens, notamment à Marseille et en région parisienne. Elles financent écoles, mosquées, adductions d'eau, routes et dispensaires, et pèsent dans les décisions du village. Les associations sportives et culturelles de village animent aussi tournois et fêtes.

Dans tout l'archipel

Autorités religieuses

Autorité coutumière ou religieuse

Les confréries soufies

Zawiyas des villes et des villages

Implantées surtout aux XIXe et XXe siècles — Shadhiliyya, la plus répandue, marquée par la figure de Cheikh Saïd Mohamed al-Maarouf, Qadiriyya, Rifa'iyya, puis d'autres —, les confréries rythment la vie religieuse : dhikr, maoulida, réunions dans les zawiyas, souvent bâties autour du tombeau d'un maître. Leurs cheikhs sont écoutés bien au-delà du cercle des adeptes.

Autorité coutumière ou religieuse

Fundi, imams et écoles coraniques

Dans chaque village

Le fundi enseigne le Coran aux enfants dès le plus jeune âge, avant ou à côté de l'école publique. Imams et lettrés, consultés pour les mariages, les successions et les différends, sont des figures très respectées des quatre îles.

Pour aller plus loin

Toute la bibliographie

KomoriLes îles de la Lune
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