Histoire · 1975 – aujourd'hui

Les Comores depuis l'indépendance

Coups d'État et mercenaires, révolution d'Ali Soilih, crise séparatiste, naissance de l'Union des Comores : un demi-siècle d'histoire politique mouvementée.

Voir la photo en grand : Moroni, capitale de l'Union des Comores, entre océan Indien et pentes du Karthala
Sur cette page 6 parties
  1. Un départ sous tension
  2. La révolution d'Ali Soilih (1975 – 1978)
  3. Les années Abdallah (1978 – 1989)
  4. Démocratisation et crises (1990 – 1999)
  5. L'Union des Comores
  6. Depuis 2016

Un départ sous tension

Moins d'un mois après la proclamation, le 3 août 1975, Ahmed Abdallah est renversé par Ali Soilih et Saïd Mohamed Jaffar, avec l'aide du mercenaire français Bob Denard. Le 12 novembre 1975, les Comores sont admises à l'ONU avec leurs quatre îles.

La révolution d'Ali Soilih (1975 – 1978)

Devenu chef de l'État en janvier 1976, Ali Soilih lance une révolution radicale : il veut moderniser le pays, réduire le poids des notables, s'attaque au grand mariage et à certaines coutumes, mobilise la jeunesse et réorganise l'administration au plus près des villages.

Ses partisans y voient une tentative sincère de libérer la société ; ses adversaires dénoncent l'autoritarisme, les violences des milices et la désorganisation économique. Il est renversé le 13 mai 1978 par les mercenaires de Bob Denard et tué quelques jours plus tard.

Les années Abdallah (1978 – 1989)

Revenu au pouvoir, Ahmed Abdallah fait adopter en 1978 la constitution de la République fédérale islamique des Comores. Le régime devient un régime de parti unique, tandis que la garde présidentielle commandée par Bob Denard pèse sur la vie politique. Le 26 novembre 1989, Ahmed Abdallah est assassiné dans son bureau.

Démocratisation et crises (1990 – 1999)

  • 1990 : Saïd Mohamed Djohar est élu président lors d'une élection contestée.
  • 28 septembre 1995 : Bob Denard le renverse ; l'armée française intervient début octobre (opération Azalée) et arrête le mercenaire.
  • 1996 : Mohamed Taki Abdoulkarim est élu ; il meurt en fonction en 1998.
  • Août 1997 : Anjouan, puis Mohéli, proclament leur sécession ; une tentative de débarquement à Anjouan échoue.
  • 30 avril 1999 : coup d'État du colonel Azali Assoumani.

L'Union des Comores

Navire au mouillage devant Fomboni, chef-lieu de Mohéli
Navire au mouillage devant Fomboni, chef-lieu de Mohéli

L'accord de Fomboni, signé le 17 février 2001, met fin à la crise séparatiste. La constitution adoptée par référendum le 23 décembre 2001 crée l'Union des Comores : chaque île a son président et une large autonomie, et la présidence de l'Union tourne entre les îles.

Ahmed Abdallah Sambi (2006 – 2011) puis Ikililou Dhoinine (2011 – 2016) se succèdent. En 2007 – 2008, le colonel Mohamed Bacar refuse de quitter la présidence d'Anjouan ; le 25 mars 2008, un débarquement comorien soutenu par l'Union africaine rétablit l'autorité de l'Union.

Depuis 2016

Élu en 2016, Azali Assoumani fait approuver par référendum, le 30 juillet 2018, une réforme qui modifie la présidence tournante et permet deux mandats consécutifs. Il est réélu en 2019 puis en janvier 2024, lors d'élections contestées par l'opposition, qui dénonce des fraudes, et suivies de manifestations à Moroni. En 2023, il préside l'Union africaine.

Au-delà de la politique, la société comorienne vit au rythme de sa diaspora, nombreuse en France, notamment à Marseille, et des liens familiaux qui unissent les quatre îles.

Principales références

Toute la bibliographie

En images

KomoriLes îles de la Lune
Préparer mon voyage