Maore · Département français

Vie publique & institutions : Mayotte

Département français depuis 2011, Mayotte vit sous le droit de la République, mais cadis, associations de femmes et traditions villageoises y gardent une place centrale.

Voir la photo en grand : Le conseil départemental de Mayotte, à Mamoudzou

Mayotte a choisi de rester française lors des consultations de 1974 et de 1976 ; l'Union des Comores continue de revendiquer l'île. Lire : Mayotte : regards croisés.

À Mayotte

Pouvoirs publics

Institution officielle

La préfecture de Mayotte

Mamoudzou

Le préfet représente l'État : sécurité, immigration, services de l'État. Française depuis 1841, Mayotte est devenue un département le 31 mars 2011 ; elle élit deux députés et deux sénateurs au Parlement.

Le conseil départemental de Mayotte, à Mamoudzou

Institution officielle

Le conseil départemental

Mamoudzou

Mayotte est une collectivité unique, qui exerce les compétences d'un département et d'une région. Depuis 2015, 26 conseillers y siègent, élus en binômes dans 13 cantons. La loi de programmation pour la refondation de Mayotte du 11 août 2025 prévoit sa transformation en « Département-Région de Mayotte », doté d'une assemblée de 52 élus.

La mairie de Mamoudzou

Institution officielle

Les 17 communes

De Mamoudzou à Mtsamboro

Mamoudzou, la plus peuplée, Dzaoudzi-Labattoir et Pamandzi en Petite-Terre, Koungou, Bandrélé, Sada… Les communes, regroupées en intercommunalités, gèrent écoles, voirie et services de proximité.

Justice

Institution officielle

Le tribunal judiciaire de Mamoudzou

Mamoudzou

La justice est rendue au nom du peuple français par le tribunal judiciaire de Mamoudzou ; les appels sont jugés par une chambre d'appel rattachée à la cour d'appel de Saint-Denis de La Réunion.

Autorités religieuses

Autorité coutumière ou religieuse

Les cadis

Un par commune, Grand cadi à Mamoudzou

Juges musulmans pendant des siècles, les cadis ont perdu leurs compétences judiciaires et notariales en 2010 (ordonnance du 3 juin 2010). Toujours rémunérés par le Département, ils sont une vingtaine — un par commune et un Grand cadi à Mamoudzou — et jouent un rôle de médiateurs, sollicités pour apaiser les conflits familiaux et de voisinage.

Coutume & notabilité

La chambre nuptiale du manzaraka, le grand mariage mahorais (musée de Mayotte)

Autorité coutumière ou religieuse

Manzaraka et shungu

Dans chaque village

Le manzaraka, dernière étape du mariage traditionnel, réunit parfois des centaines d'invités qui apportent dons et argent ; le shungu est un repas offert par les mariés à leur classe d'âge et au village, selon une règle d'égalité stricte. Ces obligations tissent la solidarité — et la hiérarchie — des villages.

Environnement

Un dugong, hôte rare et protégé du parc naturel marin de Mayotte

Institution officielle

Le parc naturel marin de Mayotte

Mayotte

Créé le 18 janvier 2010, premier parc naturel marin d'outre-mer, il couvre 69 000 km² — le lagon, les eaux territoriales et toute la zone économique exclusive —, dont un lagon de 1 300 km² entouré d'une double barrière de corail, phénomène très rare.

Savoir, culture & médias

Institution officielle

L'université de Mayotte

Dembéni

L'ancien centre universitaire de formation et de recherche est devenu une université de plein exercice le 1er janvier 2024. Il accueille environ 2 000 étudiants.

Sport

Institution officielle

Ligue mahoraise de football et basket

Mamoudzou

Créée en 1979 et rattachée à la Fédération française de football, la Ligue mahoraise organise le championnat et la Coupe de Mayotte ; chaque saison, des clubs mahorais disputent la Coupe de France. Le basket est l'autre passion de l'île : le Basket Club de M'tsapéré (BCM) en est l'un des clubs phares.

Autorité coutumière ou religieuse

Mrengué et courses de pirogues

Villages et front de mer

Le mrengué, boxe traditionnelle au son des tambours, anime les soirées du ramadan ; certaines communes l'ont interdit à cause des débordements. Les courses de pirogues (laka) mobilisent des centaines de rameurs.

Associations & société civile

Association

Associations de femmes et shikowa

Dans chaque village

Les mères de famille se regroupent en associations qui mobilisent aide et argent lors des mariages ; les shikowa, tontines de femmes, financent projets familiaux et professionnels. Héritières des Chatouilleuses, figures du combat politique mahorais des années 1960 et 1970, les femmes tiennent une place centrale dans la vie publique.

Dans tout l'archipel

Autorités religieuses

Autorité coutumière ou religieuse

Les confréries soufies

Zawiyas des villes et des villages

Implantées surtout aux XIXe et XXe siècles — Shadhiliyya, la plus répandue, marquée par la figure de Cheikh Saïd Mohamed al-Maarouf, Qadiriyya, Rifa'iyya, puis d'autres —, les confréries rythment la vie religieuse : dhikr, maoulida, réunions dans les zawiyas, souvent bâties autour du tombeau d'un maître. Leurs cheikhs sont écoutés bien au-delà du cercle des adeptes.

Autorité coutumière ou religieuse

Fundi, imams et écoles coraniques

Dans chaque village

Le fundi enseigne le Coran aux enfants dès le plus jeune âge, avant ou à côté de l'école publique. Imams et lettrés, consultés pour les mariages, les successions et les différends, sont des figures très respectées des quatre îles.

Pour aller plus loin

Toute la bibliographie

KomoriLes îles de la Lune
Préparer mon voyage