« Hale ! » « Halele ! »
Dans la forêt de Mnambani, en Grande Comore, il est une eau tranquille que l'on appelle Msiru wa Mnambani. Le promeneur pressé n'y verrait qu'une mare sous les arbres. Mais les anciens savent qu'en dessous s'étend une cité de djinns, avec ses maisons, ses places et son chef.
Qui veut s'en approcher doit être accompagné d'un fundi, un de ces hommes qui savent parler avec le monde invisible. Le fundi salue les habitants, accomplit le rituel d'hospitalité et présente les visiteurs, comme on le ferait en entrant dans un village inconnu.
Surtout, on ne touche pas l'eau. Celui qui y plonge la main sans permission dérange les habitants du lieu, et l'on raconte que les imprudents ont été frappés de fièvre, de malchance ou de folie.
On entre chez les djinns comme on entre chez les hommes : en saluant et en respectant leurs règles.
Ce que l'on en sait
Msiru wa Mnambani est l'un des nombreux ziara, lieux sacrés liés aux esprits, que compte l'archipel. On y vient demander protection, guérison ou bonne fortune, en marge de l'islam officiel, qui condamne souvent ces pratiques. Ces lieux montrent la vitalité de croyances anciennes, mêlées à la religion musulmane.
Pour aller plus loin
- Voix de l'archipel Mohamed Ahmed-Chamanga (textes recueillis et traduits par), Rois, femmes et djinns : contes de l'île d'Anjouan, 1988. Centre de recherche Océan Indien (Paris).
- Voix de l'archipel Salim Hatubou, Contes et légendes des Comores ou Genèse d'un pays bantu, 2004. rééd. sous le titre Aux origines du monde : contes et légendes des Comores, Flies France, 2015.
