Histoire · 1841 – 1946

La période coloniale

Princes malgaches, cession de Mayotte, protectorats, annexion et rattachement à Madagascar : un siècle de domination française, de plantations et de résistances.

Voir la photo en grand : La résidence du gouverneur à Dzaoudzi, bâtie à l'emplacement du palais du sultan Andriantsoly
Sur cette page 7 parties
  1. Des princes malgaches dans l'archipel
  2. 1841 – 1843 : Mayotte devient française
  3. Mohéli, une reine entre les puissances
  4. 1885 – 1886 : les protectorats
  5. 1908 – 1912 : annexion et rattachement à Madagascar
  6. Une économie de plantation
  7. Des résistances

Des princes malgaches dans l'archipel

Andriantsoly, souverain de Mayotte qui céda l'île à la France en 1841
Andriantsoly, souverain de Mayotte qui céda l'île à la France en 1841

Au début du XIXe siècle, l'expansion du royaume merina bouleverse Madagascar et ses voisins. Ramanetaka, général merina, s'installe à Mohéli vers 1830 et y prend le pouvoir sous le nom d'Abderemane. Andriantsoly, ancien roi sakalava du Boina vaincu par les Merina, se réfugie en 1831 à Nosy Be puis à Mayotte, dont il devient sultan en 1832.

Les deux princes s'affrontent, tandis qu'Anjouan revendique Mayotte. Menacé de toutes parts, Andriantsoly cherche un protecteur.

1841 – 1843 : Mayotte devient française

Le 25 avril 1841, Andriantsoly cède Mayotte à la France par un traité signé avec le commandant Pierre Passot. La France, qui a perdu l'île de France (Maurice) au profit des Britanniques, cherche un point d'appui dans l'océan Indien. Le traité est ratifié en 1843 et la prise de possession a lieu le 13 juin 1843.

Dzaoudzi devient le siège de l'administration. L'esclavage est aboli en 1846 et des plantations de canne à sucre se développent, cultivées par des travailleurs engagés.

Mohéli, une reine entre les puissances

Djoumbé Fatima, reine de Mohéli au XIXe siècle
Djoumbé Fatima, reine de Mohéli au XIXe siècle

À Mohéli, Djoumbé Fatima, fille de Ramanetaka, règne de 1842 à 1865, puis de 1874 à sa mort en 1878. Son règne est marqué par les rivalités entre la France, la Grande-Bretagne et Zanzibar, et par l'influence de l'aventurier français Joseph Lambert, qui obtient de vastes concessions et assure un temps la régence.

Sa fille Salima Machamba, née de son union avec l'officier français Émile Fleuriot de Langle, devient reine en 1888. Elle règne sous protectorat jusqu'en 1909, puis s'installe en France.

1885 – 1886 : les protectorats

Le sultan Saïd Ali ben Saïd Omar de Bambao entouré de notables de Ngazidja, avant 1916
Le sultan Saïd Ali ben Saïd Omar de Bambao entouré de notables de Ngazidja, avant 1916

En Grande Comore, le naturaliste Léon Humblot arrive en 1884. Le 5 novembre 1885, le sultan Saïd Ali de Bambao, qui cherche un appui contre ses rivaux, lui accorde le droit d'exploiter les terres de l'île. Le 6 janvier 1886, un traité place la Grande Comore sous protectorat français. Humblot, à la fois résident et grand propriétaire, contrôle bientôt la plus grande partie des terres cultivables.

Anjouan (avril 1886) et Mohéli (1886) passent elles aussi sous protectorat. À Anjouan, la révolte de 1891 qui suit la mort du sultan Abdallah III conduit la France à intervenir militairement et à installer un nouveau sultan.

1908 – 1912 : annexion et rattachement à Madagascar

Un décret de 1908 rattache l'archipel au gouvernement général de Madagascar. La loi du 25 juillet 1912 annexe les trois protectorats : les quatre îles deviennent une province de la colonie « Madagascar et dépendances ». Les sultanats disparaissent.

Lointaine périphérie d'une colonie elle-même pauvre, l'archipel reçoit peu d'écoles, de routes et d'hôpitaux. L'historien comorien Mahmoud Ibrahime a montré l'alliance étroite entre l'administration et les colons pendant ces décennies.

Une économie de plantation

Plantation d'ylang-ylang à proximité d'une distillerie
Plantation d'ylang-ylang à proximité d'une distillerie

De grandes sociétés obtiennent d'immenses concessions, au détriment des villages. On y cultive la vanille, le girofle, le coprah, le sisal et les plantes à parfum, dont l'ylang-ylang. Les paysans, à l'étroit sur leurs terres, doivent payer un impôt de capitation et fournir des journées de travail.

Des résistances

  • 1891, Anjouan : soulèvement des esclaves et des paysans du Nyumakele et du Koni.
  • Juillet 1915, Grande Comore : près de 1 200 paysans, notamment du Mbude et du Dimani, se révoltent contre l'impôt et la confiscation des terres. La répression est dure, mais l'impôt est suspendu.
  • Mars – avril 1940, Anjouan : dans le Nyumakele, où trente villages n'ont plus que 200 hectares pour vivre au milieu des plantations, les villageois se soulèvent contre le travail forcé. La négociation révèle un jeune médecin, Saïd Mohamed Cheikh.

Principales références

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