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Le grand mariage
À la Grande Comore, le anda ou ndola nkuu (grand mariage) est bien plus qu'une noce : c'est le rite qui fait passer un homme au rang de notable (mdru mdzima, « homme accompli ») et lui donne la parole sur la place publique. Il peut coûter des années d'économies : bijoux en or pour la mariée, repas pour tout le village, cortèges, danses et cadeaux. À Mayotte, son équivalent est le manzaraka, et Anjouan et Mohéli connaissent leurs propres formes de mariage coutumier.
Une semaine de fêtes
Les cérémonies s'étalent sur plusieurs jours : procession du marié, présentation des bijoux, soirées de twarab, danses des hommes et des femmes, grand repas collectif. Les invités revêtent leurs plus beaux habits : djoho brodé et kofia pour les hommes, chiromani ou saluva et bijoux pour les femmes. La saison des grands mariages culmine en juillet et août, lorsque la diaspora revient au pays.
Mila na ntsi : la coutume
En Grande Comore, le système coutumier, appelé mila na ntsi (« les us et le pays »), règle la vie sociale à côté du droit civil et du droit musulman. Les hommes sont répartis en classes d'âge (hirimu), qui leur attribuent des droits et des devoirs au sein du village. La société est également marquée par une tradition matrilinéaire : la maison familiale revient souvent aux filles.
Rites de passage
- La naissance : le nouveau-né reçoit son nom quelques jours après sa naissance, lors d'une petite cérémonie familiale.
- L'école coranique : dès l'enfance, garçons et filles apprennent à lire le Coran ; la fin de l'apprentissage est célébrée.
- Le mariage : petit mariage (religieux) puis, pour certains, grand mariage.
- Le deuil : les funérailles ont lieu rapidement, suivies de prières et de visites de condoléances.
Hospitalité et solidarité
Recevoir un hôte est un honneur. On offre volontiers un thé, des fruits ou un repas, et la solidarité familiale et villageoise reste très forte : chacun contribue aux fêtes, aux constructions de mosquées ou aux funérailles de ses proches.