« Hale ! » « Halele ! »
Les habitants de Bangoi-Kouni avaient décidé de bâtir une mosquée. Ils rassemblèrent des pierres de corail, de la chaux, du bois, et convinrent de commencer les travaux le lendemain.
Mais au petit matin, quand ils arrivèrent sur le terrain, ils restèrent bouche bée : les fondations étaient déjà posées, droites et solides, comme si une équipe entière avait travaillé toute la nuit. Personne pourtant n'avait rien vu ni rien entendu.
La nuit suivante, quelques jeunes gens voulurent monter la garde. Mais le sommeil les prit, et au réveil, la mosquée était debout, achevée, avec ses murs blancs et son toit.
Les anciens dirent alors : « Ce ne sont pas des mains d'hommes qui ont fait cela. » Depuis, on l'appelle la mosquée miraculeuse, et l'on dit que ce sont les djinns, ou des bâtisseurs inconnus envoyés par Dieu, qui l'ont élevée pour le village.
Ce que l'on en sait
La petite mosquée de Bangoi-Kouni, au nord-est de la Grande Comore, est souvent appelée la « mosquée miraculeuse » et porte le nom de Shiunda. La tradition la date du XVIe siècle.
Le motif de l'édifice bâti en une nuit par des êtres surnaturels se retrouve dans de nombreuses cultures. Ici, il souligne le caractère sacré du lieu, voisin du lac Salé, lui aussi entouré de légendes.
Pour aller plus loin
- Voix de l'archipel Salim Hatubou, Contes et légendes des Comores ou Genèse d'un pays bantu, 2004. rééd. sous le titre Aux origines du monde : contes et légendes des Comores, Flies France, 2015.
