Hale halele · Récit

Les femmes d'Iconi

Au temps des razzias venues de Madagascar, les femmes d'Iconi auraient préféré la mort à la captivité. Un récit de dignité et de deuil.

Voir la photo en grand : Iconi, ancienne capitale de sultanat au sud de Moroni

« Hale ! » « Halele ! »

C'était au temps où les flottes de pirogues arrivaient de Madagascar. On les voyait surgir à l'horizon, des dizaines d'embarcations à la fois, et les villages de la côte savaient ce qui les attendait : les hommes tués, les femmes et les enfants emmenés, vendus comme esclaves de l'autre côté de la mer.

Un jour, les assaillants débarquèrent devant Iconi, l'ancienne capitale du Bambao. Les hommes se battirent, mais ils étaient trop peu nombreux. Les femmes comprirent qu'il n'y avait plus d'issue. Plutôt que de se laisser prendre, elles montèrent sur la falaise qui domine la ville et, se tenant par la main, se jetèrent dans le vide.

Quand les pillards atteignirent le sommet, il n'y avait plus personne à capturer. Le lieu est resté dans les mémoires, et l'on parle encore, à Iconi, du courage de ces femmes.

Ce que l'on en sait

Ce récit se rattache à une réalité historique bien documentée : entre les années 1790 et 1820 environ, des expéditions sakalava et betsimisaraka venues de Madagascar ont ravagé les côtes comoriennes à la recherche d'esclaves. Iconi, comme d'autres villes, s'est alors protégée par des remparts.

Les détails de l'épisode, eux, ne sont connus que par la tradition : on ne sait ni sa date exacte ni le nombre de victimes. Il incarne, dans la mémoire collective, la résistance et la dignité face à l'esclavage. Lire : Traite, esclavage et razzias.

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