« Hale ! » « Halele ! »
Dans la région du Hambuu, à l'ouest du village de Singani, s'étendent des champs que l'on appelle Mwarangoma. Autrefois, disent les habitants, les paysans qui rentraient tard entendaient monter de ces champs le son des tambours : des rythmes de fête, des chants, des battements de mains. Pourtant, il n'y avait personne.
Les anciens expliquèrent que l'endroit était la place publique, le bangwe, des djinns. C'est là que, en présence de leur chef, ils se réunissaient pour leurs cérémonies et leurs danses, comme les hommes le font sur la place du village. De ces tambours fantômes viendrait le nom du lieu.
Aujourd'hui encore, des gens viennent de tout l'archipel à Mwarangoma, en particulier avant la fin du ramadan. Ils y demandent protection contre les malheurs, la bénédiction d'un mariage ou la naissance d'un enfant.
Ce que l'on en sait
Le récit associe un lieu précis à la vie sociale des djinns, organisée comme celle des hommes : un chef, une place publique, des fêtes. C'est un trait fréquent des croyances comoriennes, où le monde invisible double le monde visible. Ces sites font l'objet de pèlerinages discrets, que des journalistes et chercheurs comoriens ont documentés.
Pour aller plus loin
- Voix de l'archipel Salim Hatubou, Contes et légendes des Comores ou Genèse d'un pays bantu, 2004. rééd. sous le titre Aux origines du monde : contes et légendes des Comores, Flies France, 2015.