Découverte · Mohéli

Que faire à Mohéli ? Les incontournables de l'île nature

Îlots déserts, nuits avec les tortues, baleines à bosse, forêts de roussettes et lac de cratère : Mohéli est la plus petite des îles des Comores, et sans doute la plus sauvage. Voici quoi y faire, et comment s'y prendre.

Voir la photo en grand : Les îlots de Nioumachoua, joyaux du parc national de Mohéli
Sur cette page 7 parties
  1. Mohéli, la plus petite et la plus sauvage des îles
  2. Les îlots de Nioumachoua : la journée à ne pas manquer
  3. Itsamia : une nuit avec les tortues vertes
  4. Les baleines à bosse, de juillet à octobre
  5. Forêts, roussettes et lac de cratère
  6. Fomboni, Djoiezi, Hoani : villages et mémoire
  7. Combien de jours, et comment s'organiser

Mohéli, la plus petite et la plus sauvage des îles

Mohéli (Mwali en shimwali) est la plus petite des îles de l'Union des Comores : environ 211 km², une dorsale boisée qui culmine au Mzé Koukoulé (790 m), des routes étroites et sinueuses, et un chef-lieu, Fomboni, qui garde des allures de gros village. On n'y vient ni pour les boutiques ni pour les grands hôtels, mais pour la nature : depuis 2020, l'île entière, terres et mer comprises, forme la réserve de biosphère de Mwali de l'UNESCO, soit 66 286 hectares dont 45 422 en mer.

Le cœur de cette réserve est le parc national de Mohéli. Parc marin depuis 2001, c'est le premier du pays, et il est géré avec les villages riverains. Ce principe change tout pour le voyageur : les écoguides, les barques et les bungalows appartiennent aux habitants, et l'argent que vous dépensez finance directement la surveillance des tortues et des récifs. La fiche de l'île : Mohéli, l'île nature.

Les îlots de Nioumachoua : la journée à ne pas manquer

La mangrove de Nioumachoua, nurserie de la vie marine
La mangrove de Nioumachoua, nurserie de la vie marine

Au sud de l'île, le village de Nioumachoua est la porte d'entrée du parc national. De là, des barques rejoignent en une vingtaine de minutes les îlots inhabités qui ferment la baie. On y passe la journée : masque et tuba au-dessus des jardins de corail, pique-nique de poisson grillé sur le sable, baignade dans une eau d'une transparence rare. Le parc abrite aussi des herbiers et un refuge pour la conservation des dugongs.

La mangrove voisine, nurserie de nombreux poissons, se découvre à marée haute. Les sorties en mer se négocient au village : demandez les guides du parc national. Emportez un chapeau, de l'eau, de la crème solaire et des chaussons.

Itsamia : une nuit avec les tortues vertes

Tortues vertes dans les eaux de Mohéli
Tortues vertes dans les eaux de Mohéli

À la pointe sud-est de l'île, les plages d'Itsamia comptent parmi les sites de ponte de tortues vertes les plus importants de l'océan Indien occidental, et la réserve de biosphère de l'UNESCO les protège. Fondée par les villageois en 1991, l'association ADSEI surveille les plages et accueille les visiteurs dans ses bungalows communautaires, avec des guides du village. La ponte se déroule toute l'année, avec des pics variables : prévoyez une à deux nuits pour augmenter vos chances.

Les sorties se font de nuit, toujours accompagnées. Les règles sont simples : pas de lampe blanche ni de flash, une lumière rouge seulement si le guide l'autorise ; rester derrière la tortue, à distance et en silence ; ne jamais toucher les animaux ni les œufs. Si la chance est avec vous, vous verrez aussi de jeunes tortues filer vers l'océan à la tombée de la nuit. Toute la fiche pratique : Itsamia, la plage des tortues.

Les baleines à bosse, de juillet à octobre

Queue d'une baleine à bosse au large de Mohéli
Queue d'une baleine à bosse au large de Mohéli

De juillet à octobre, les baleines à bosse remontent du Grand Sud pour se reproduire dans les eaux chaudes de l'archipel, et l'UNESCO note que les eaux de Mohéli sont un site de reproduction important pour l'espèce. Le moment le plus réputé court de la mi-août au début d'octobre, quand les femelles mettent bas et élèvent leurs petits dans les eaux calmes. Les sorties en mer partent de Nioumachoua ou de Fomboni.

Quelques réflexes : choisir un guide du parc, laisser le bateau garder ses distances sans jamais poursuivre un animal, ne pas se mettre à l'eau si le guide ne le propose pas. Plusieurs espèces de dauphins fréquentent aussi les eaux de l'île toute l'année. Pour une vue d'ensemble de l'archipel, voir Plongée et océan.

Forêts, roussettes et lac de cratère

Le Dziani Boundouni à l'aube : un lac de cratère aux eaux soufrées, où des offrandes attendent au bord de l'eau. Illustration créée par intelligence artificielle.
Le Dziani Boundouni à l'aube : un lac de cratère aux eaux soufrées, où des offrandes attendent au bord de l'eau. Illustration créée par intelligence artificielle.

Sur la dorsale centrale, la forêt humide est l'une des mieux conservées de l'archipel. Elle abrite des oiseaux endémiques, des caméléons, des orchidées et la roussette de Livingstone, l'une des plus grandes chauves-souris du monde, en danger critique d'extinction. Les hauteurs de Ouallah sont un bon point de départ : une marche d'une demi-heure mène à la cascade de Ouallah 2. Avec un peu de patience, vous croiserez peut-être le lémur mongoz, que l'on trouve à l'état sauvage à Mohéli, à Anjouan et à Madagascar ; observez-le sans le nourrir.

Au sud-est, le lac Dziani Boundouni occupe un ancien cratère. Ses eaux soufrées ne contiennent pas de poisson, et la tradition leur prête des vertus de guérison. Le lac est inscrit au titre de la convention de Ramsar depuis 1995 pour la diversité de ses oiseaux. Comptez une demi-journée de randonnée modérée avec un guide local, à travers plantations, forêt et points de vue sur la côte. Lire aussi la légende Le lac Boundouni, l'eau qui soigne et la fiche Forêts et lac Dziani Boundouni.

Fomboni, Djoiezi, Hoani : villages et mémoire

Navire au mouillage devant Fomboni, chef-lieu de Mohéli
Navire au mouillage devant Fomboni, chef-lieu de Mohéli

Mohéli ne se résume pas à ses animaux. Fomboni, capitale des souverains de Mwali au XIXe siècle, garde le souvenir de la reine Djoumbé Fatima : lisez La reine-enfant de Mwali avant de flâner autour du marché, où l'on trouve fruits, poisson, épices et, surtout, les taxis et les bons conseils pour rayonner dans l'île.

Au-dessus de Djoiezi, sur la côte nord, les vestiges de Mwali-Mdjini, la plus ancienne cité de l'île, montrent remparts, maisons de pierre et tombes : voir Mwali-Mdjini, la cité abandonnée. À Hoani, la plage de Kavé, au sable blanc et au grand calme, est appréciée des bivouacs. Le village voisin de Nyambo-Hoani perpétue une tradition de poterie artisanale, que l'UNESCO rattache à des savoir-faire très anciens de la côte swahilie.

Combien de jours, et comment s'organiser

Trois jours suffisent pour l'essentiel : une journée aux îlots de Nioumachoua, une demi-journée de forêt et de lac, une nuit à Itsamia. Avec cinq jours, ajoutez Fomboni, Djoiezi et une journée de plage à Hoani ou Miringoni, ou prolongez en saison des baleines. Un parcours complet est détaillé dans l'escapade à deux à Mohéli.

  • Y aller : l'île possède un aérodrome (Bandar Es Salam), desservi par des vols régionaux de 30 à 45 minutes depuis les autres îles ; des bateaux assurent aussi la traversée, mais ils dépendent de la météo. Reconfirmez la veille. Voir Se déplacer.
  • Sur place : routes étroites et sinueuses, donc voiture avec chauffeur ou taxi collectif ; fixez le prix avant de monter.
  • Argent : les distributeurs sont très rares et les cartes ne sont acceptées que dans quelques hôtels : emportez des espèces en euros. Le réseau mobile est parfois faible.
  • Dormir : écolodges et bungalows villageois (Itsamia, Nioumachoua), le meilleur moyen de soutenir l'écotourisme communautaire.
  • Santé : les structures médicales sont limitées à Mohéli ; souscrivez une assurance couvrant le rapatriement. Voir Santé et sécurité.
  • Quand : la saison sèche, de mai à novembre, est la plus confortable, et les baleines sont là de juillet à octobre. Voir Quand partir ?

Sources

KomoriLes îles de la Lune
Préparer mon voyage